Accord parfait



Même s’ils partagent la même passion,  Maud Gastinel et son conjoint, Fabien Rapaud, abordent leur art de façons très différentes tout en y trouvant une certaine complémentarité. Deux visions, deux approches de la musique que nous vous proposons de découvrir avec le portrait de ce duo.

Comment êtes-vous devenus musiciens classiques ?

Maud Gastinel : Je n’ai pas vraiment choisi de faire de la musique. Cela m’a été imposé à mes 6 ans. Je suis issue d’une famille de musiciens et l’enseignement musical est un élément phare de notre éducation. Mes sœurs et moi avons toutes dû apprendre le piano et un instrument à cordes. Ma mère considérait qu’il fallait savoir jouer d’un instrument pour assurer son avenir. Un discours à l’opposé de celui de la plupart des parents. Ce n’est qu’à l’âge de 17 ans, quand j’ai commencé à enseigner le violon, que j’ai pris du plaisir à jouer. Enseigner au conservatoire me donne une certaine énergie. Je m’épanouis dans le fait d’aider mes élèves, d’accompagner les enfants pour qu’ils s’améliorent et s’approchent de la perfection. Quand je suis dans le rôle de musicienne, je suis davantage attirée par le côté créatif. Je suis fan d’opéra. J’aime mêler la musique aux mots via le théâtre ou encore le chant. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné envie de participer à plusieurs créations de spectacles comme « Silence on tourne » et j’ai récemment écrit avec mon père une pièce de théâtre dans l’esprit d’Agatha Christie où la musique joue un rôle majeur.

Spectacle « Silence on tourne »

Fabien Rapaud : Je suis issu d’une famille de musiciens  et j’ai pu me rendre très tôt aux éducatifs du dimanche matin donnés par l’Orchestre Colonne puis au concert du soir où j’adorais porter mon plus beau costume. Après un concert de musique contemporaine, alors que j’avais seulement 3 ans, j’ai dit à mes parents que je voulais jouer du violoncelle. Mon père a alors trouvé  un violoncelle de très petite taille, sa caisse faisait à peine 40 cm. Cela  m’a permis de vivre mon rêve et d’intégrer l’école de musique d’Epinay sur Seine , puis,  plus tard, un cursus complet au Conservatoire National de Région de Nice. A l’inverse de Maud, la musique a été un choix pour moi. Comme elle, j’enseigne à de jeunes musiciens mais je prends plus de plaisir dans l’interprétation des œuvres. J’adore l’orchestre d’Opéra où sont réunis tous les arts : la musique, la danse, le chant voire même la peinture. Que l’on joue 5  ou 10 fois la même œuvre, chacune de mes prestations sera différente. L’orchestre doit toujours s’adapter aux danseurs ou aux chanteurs qui ne font jamais le même spectacle. Je me souviens d’un ballet où entre la 1ere et la dernière représentation, 15 minutes ont été gagnées.

 

En quoi ces parcours différents vous influencent ?

M.G. : Nos deux  parcours ont modelé notre vision et nos attentes vis-à-vis de la musique. Nous le remarquons quand nous répétons ou que nous nous produisons avec notre quatuor « Accord parfait ». Notre approche des œuvres, nos priorités ne sont pas tout à fait les mêmes. Notre force c’est d’y trouver une certaine complémentarité. Même s’il arrive que dans notre quatuor, qui se compose de 2 violons, 1 alto et 1 violoncelle, nous soyons en désaccord. C’est le cas lorsque je suis 1er violon. Tandis que Fabien avec son violoncelle est là pour poser la base, les fondations, cadrer l’interprétation  je dois être l’instrument qui impulse l’énergie, qui va de l’avant, parfois avec un petit surcroît d’inventivité.

 

Vos carrières respectives ont été très riches et vous avez eu l’occasion de vous produire dans divers lieux et d’interpréter de nombreuses symphonies. Y-a-t’il des œuvres que vous rêveriez de jouer ?

F. R. : J’adorerai jouer en concert Parsifal de Wagner. C’est l’ultime œuvre du compositeur. C’est une œuvre douce et poétique qui est très éloignée de l’image que l’on a de ce compositeur dont chacun connaît l’air héroïque des “Walkiries”

M.D. : Mon rêve serait de jouer la 3e symphonie de Mahler. C’est une symphonie très longue en 6 mouvements (la deuxième symphonie la plus longue de tout le répertoire classique). Elle est écrite pour un orchestre important  et s’accompagne d’un chœur d’enfants, un chœur de femmes et une soliste femme. Chaque mouvement parle d’un élément naturel et se conclut sur un mouvement dédié à l’homme. C’est une œuvre magnifique !

 

Quels sont les projets que vous allez mener prochainement ?

F.R. : Je participe jusqu’au 16 juillet aux dernières représentations de Carmen à l’opéra Bastille puis avec Maud, nous allons animer, comme chaque été, un stage de musique en Alsace avec plus d’une vingtaine d’élèves venant de toute la France. Cela permet à des élèves qui souhaitent travailler avec nous de pouvoir bénéficier de notre enseignement pendant quelques jours.

M.D. : Certains y participent depuis l’âge de 7 ans. C’est fabuleux de pouvoir suivre leur évolution d’une année sur l’autre. Ce stage est aussi propice au jouer ensemble.  Que ça soit au conservatoire de Meudon où j’enseigne ou lors de ces stages, j’attache beaucoup d’importance à ce que les élèves puissent se rassembler plutôt que de jouer chacun de leur côté. La musique n’a de sens que si elle se partage !

 

Maud Gastinel et Fabien Rapaud sont clients du pôle Musique de Verspieren depuis plus de 20 ans.

 


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